- Sète
Le choix du statut juridique pour un investissement immobilier est une décision stratégique. Ce n’est pas un détail administratif : ce choix influence directement la fiscalité des loyers, la capacité à générer du déficit, la possibilité d’amortir le bien, la rentabilité nette après impôt, la fiscalité à la revente, et même la transmission patrimoniale.
Un même bien immobilier peut produire des résultats financiers très différents selon qu’il est détenu en nom propre, en SCI à l’impôt sur le revenu (IR), en SCI à l’impôt sur les sociétés (IS), ou intégré dans un dispositif fiscal spécifique comme la loi Malraux ou la loi Denormandie. À cela s’ajoutent les stratégies de travaux via déficit foncier et les montages de capitalisation via une société.
Dans un contexte de pression fiscale élevée sur les revenus fonciers, de contraintes énergétiques renforcées et d’évolution des dispositifs de défiscalisation, il devient essentiel d’adopter une approche méthodique.
Ce guide propose une analyse technique et structurée pour comprendre comment choisir le bon statut juridique en immobilier, en fonction des objectifs patrimoniaux, fiscaux et financiers.
Lorsque l’on parle d’investissement locatif, on se concentre souvent sur le prix d’acquisition, le rendement locatif brut, le cash-flow ou encore la valorisation future. Pourtant, la métrique la plus fiable reste la rentabilité nette après impôt, car c’est elle qui mesure réellement ce que l’investissement produit une fois la fiscalité passée.
Le statut juridique détermine notamment :
Un même appartement loué 25 000 € par an n’aura pas du tout le même résultat net si les loyers sont taxés au barème de l’IR + prélèvements sociaux, ou s’ils sont taxés à l’IS après amortissement. Voilà pourquoi le statut juridique constitue un levier majeur d’optimisation fiscale immobilière.
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La SCI à l’impôt sur le revenu est une structure souvent utilisée pour investir à plusieurs ou organiser une détention familiale. Fiscalement, elle est dite “transparente” : ce sont les associés qui sont imposés sur leur quote-part.
La SCI IR est pertinente quand la priorité est la détention longue et la structuration patrimoniale (notamment transmission), et non la réduction immédiate de l’imposition sur les loyers.
La SCI à l’impôt sur les sociétés change complètement la logique fiscale. Les loyers ne sont plus imposés directement chez les associés : l’imposition se fait au niveau de la société, sur son résultat comptable. L’un des grands avantages est la possibilité d’amortir le bien immobilier.


Dans cet exemple, l’amortissement réduit fortement la base imposable. À 15 % d’IS, l’impôt est de 1 050 €. Sans amortissement, le résultat imposable aurait été de 19 000 €, donc un impôt bien plus élevé.
La SCI IS s’inscrit généralement dans une logique de capitalisation long terme et de réinvestissement des bénéfices au sein de la structure.
CRÉER UNE SCI POUR INVESTIR DANS L’IMOMBILIER

En régime des particuliers, la plus-value bénéficie d’abattements liés à la durée de détention (exonération progressive). En SCI IS, la plus-value est calculée sur une base comptable (valeur nette), ce qui peut augmenter l’imposition à la sortie après plusieurs années d’amortissement. Ce point doit être intégré dès le départ dans la stratégie de détention.
La SCI IR est souvent choisie pour organiser la détention et la transmission : donation progressive de parts, règles statutaires, gestion de l’indivision évitée. La transmission peut être structurée sur le long terme, en conservant une gouvernance familiale stable.
Investir en nom propre est la solution la plus courante. En location nue, les loyers relèvent des revenus fonciers. Deux régimes coexistent :
Le régime réel devient rapidement pertinent dès lors que le bien est financé à crédit ou qu’il nécessite des travaux significatifs. Dans la pratique, c’est aussi ce régime qui permet d’utiliser le déficit foncier.
Le déficit foncier permet de déduire des revenus fonciers les charges et travaux (selon leur nature), et, en cas de déficit, d’en imputer une partie sur le revenu global dans les limites prévues.

Le déficit foncier est particulièrement adapté à une stratégie d’achat dans l’ancien, avec rénovation : remise aux normes, réfection des pièces d’eau, amélioration énergétique, et repositionnement locatif. Attention : l’intérêt réel se mesure en net après impôt et dépend de la cohérence du budget travaux, du calendrier et de la capacité à relouer rapidement.
Investir en location meublée non professionnelle (LMNP) est l’un des choix les plus fréquents en investissement locatif, car il permet souvent d’optimiser la fiscalité des loyers. Contrairement à la location nue, les revenus de la location meublée ne relèvent pas des revenus fonciers : ils sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
Deux régimes fiscaux coexistent :
Dans la plupart des opérations financées à crédit ou présentant une valeur patrimoniale significative, le régime réel LMNP devient rapidement plus intéressant que le micro-BIC. Le micro-BIC est simple, mais il ne tient pas compte des charges réelles ni de l’amortissement, ce qui peut conduire à une imposition plus élevée que nécessaire.
NOS PROJETS ÉLIGIBLES DÉFICIT FONCIER

En LMNP au réel, la logique fiscale n’est pas celle du déficit foncier. Le cœur de l’optimisation repose sur l’amortissement, c’est-à-dire la déduction annuelle d’une fraction de la valeur du bien immobilier (hors terrain) et du mobilier.
L’amortissement permet d’étaler le coût de l’investissement dans le temps, et de réduire fortement le résultat imposable. En pratique, il est fréquent que le résultat fiscal devienne nul ou très faible pendant plusieurs années, alors même que le bien génère des loyers et parfois un cash-flow positif.

Exemple simplifié :
Si l’amortissement est plus élevé, le résultat peut être ramené à zéro. Dans ce cas, l’imposition sur les loyers devient très faible, voire inexistante, tout en conservant des revenus locatifs.
Différence clé avec le déficit foncier : en location nue, le déficit foncier peut être imputé (dans la limite annuelle) sur le revenu global. En LMNP, l’amortissement ne peut pas créer ou aggraver un déficit fiscal : il sert à ramener le résultat à zéro. Les déficits “réels” (hors amortissement) ne s’imputent pas sur le revenu global, mais se reportent sur des revenus BIC futurs selon les règles applicables.
Le LMNP est particulièrement pertinent lorsque l’objectif est de générer des revenus locatifs tout en limitant l’imposition sur les loyers grâce à une combinaison : charges déductibles + amortissement.
Points de vigilance : le LMNP au réel implique une comptabilité (souvent confiée à un expert-comptable), une déclaration adaptée, et le respect des critères de location meublée (liste minimale de mobilier prévue par la réglementation).
Choisir son statut juridique pour un investissement immobilier est une décision structurante. La détention en nom propre reste simple et flexible. Le déficit foncier permet d’optimiser fiscalement une stratégie travaux. La SCI à l’IR est un outil de gestion et de transmission. La SCI à l’IS permet d’amortir et de capitaliser, mais impose une lecture exigeante de la fiscalité de sortie.
Les dispositifs comme la loi Malraux et la loi Denormandie répondent à des stratégies spécifiques, centrées sur la rénovation, la requalification ou le patrimoine. La bonne approche consiste à partir de l’objectif, puis à choisir la structure qui maximise la performance nette après impôt, tout en sécurisant la revente et la transmission.